Fashion Letter from Beyrouth

23/05/2017


Maria Nadim - Robe Nour Najem

De Beyrouth à Tel Aviv en passant par Lisbonne, la Now Gen Med exprime sa vision Mode et ses enjeux. Fashion Letter from Beyrouth par Maria Nadim, journaliste chez Prestige Magazine. 

La mode va au-delà du vêtement et de l’accessoire. C’est plus qu’une simple tendance. La mode représente une liberté d’expression. Une liberté pour la cliente d’exprimer sa personnalité à travers ses choix. Une liberté pour le designer d’exprimer ses émotions, de partager sa vision à travers ses créations et de laisser libre cours à son talent. De jeunes créateurs talentueux, il n’en manque pas au Liban. Bercés par la réussite internationale de leurs aînés - Elie Saab, Zuhair Murad, Rabih Kayrouz, Georges Chakra, Georges Hobeika… et tant d’autres - ils se permettent de croire en ce nouveau rêve libanais : se faire un nom dans le monde de la Mode. Mais le défi est de taille. ESMOD Beirut et trois universités libanaises de renom (qui ont chacune lancé leur école de Mode en collaboration avec des écoles internationales et des créateurs libanais) offrent un enseignement de qualité pour former les professionnels de demain. Après leur formation, ils font face à la dure réalité du marché. La Libanaise est connue pour son sens pointu du style, sa coquetterie assumée, son élégance à toute épreuve, s’affichant dans les dernières créations de ces grandes marques dont elle raffole : Chanel, Dior, Saint Laurent, Louis Vuitton… Elle se tourne vers les couturiers libanais (nouveaux ou établis, dépendamment du budget) pour leur robe de grand soir ou leur robe de mariée. Les couturiers libanais ont fondé leur empire et leur réputation sur la Haute Couture et le sur-mesure. Le savoir-faire des ateliers locaux est parallèle à celui des ateliers en France et en Italie.

Alors que la « vieille école » campe sur ce qui a fait sa renommée, la nouvelle génération s’efforce de se trouver une nouvelle identité, une signature propre à elle-même. Avec son style distinctif et ses créations contemporaines, Rami Kadi, vrai passionné de couture, lance sa maison de couture éponyme en 2014 à seulement 25 ans. Il aime expérimenter avec les techniques et les applique à la couture comme un alchimiste, comme avec ses robes glow-in-the-dark de la collection Hiver 2016 « Lucioles » utilisant du superluminova sur les fils et les paillettes. Jouant avec les contrastes, Hussein Bazaza, qui a lancé sa première collection en 2012, raconte des histoires au fil de ses imprimés et s’aventure dans le prêt- à-porter aux finitions couture. Sara Melki, lauréate 2016 du prix OpenMyMed, nous embarque avec elle dans ses différents voyages à travers les détails ethniques de ses créations. Nour Najem, lauréate 2017 du prix OpenMyMed, s’investit dans la mode durable en encourageant l’artisanat local. Silhouette épurée, elle s’inspire de l’architecture orientale pour habiller la femme moderne. La volonté de marier leur héritage oriental et leur inspiration occidentale réunit ces quatres étoiles montantes de la mode libanaise. Mais beaucoup reste à faire au niveau local pour encourager l’industrie et les nouveaux talents. Les initiatives sont rares. La Fondation Starch, fondée en 2008 par Rabih Kayrouz et Tala Hajjar est un incubateur de jeunes talents libanais. Le site Lebelik.com, jolie initiative lancée en 2011 par les jumeaux Louise et Michel Doumet, permet à des créateurs libanais de vendre en ligne et de partager leurs créations avec le plus grand nombre de gens. Parce que le design libanais doit être à la portée de tous. Le fond d’investissement Azure, ciblant le secteur de la mode libanaise, a vu le jour grâce à la Banque Centrale du Liban. Des initiatives qui restent timides. Encourager les créateurs et les couturiers reviendrait aussi à encourager le « Made in Lebanon » et à exporter ce savoir-faire aux quatre coins du monde.

Maria Nadim - Robe Nour Najem